Oman Femmes des Emirats. Istamboul Ecosse |
Ce qui frappe chez Mesnager, c'esr sa jeunesse
L'Homme en blanc Et le 16 janvier 1983 il a inventé l’Homme en blanc qui recouvre maintenant les murs de Ménilmontant et de Belleville, le “Corps Blanc”, “un symbole de lumière, de force et de paix”. Son corps blanc a eu un succès extraordinaire. Mesnager a beaucoup voyagé: à New York, où il a peint toute une palissade devant les gratte-ciel de Manhattan; en Chine, où il a peint son bonhomme blanc sur la Grande Muraille de Chine! Le Musée d’Art Moderne de Paris lui a acheté une palissade: “A 26 ans, être au musée, c’est fou! J’ai pu vivre ma vie au grand jour”... Mesnager est tourmenté depuis toujours par le problème de tous les artistes -- le conflit entre l’art et la spéculation: “Quand la spéculation entre en jeu, ça fout tout en l’air! Ou l’on est nous-mêmes, et l’on affronte la société tout le temps; ou l’on n’est plus nous-mêmes”... Il a été terriblement frappé par le suicide d’un de ses amis, le peintre Robert Malaval, en 1980. C’est pour échapper à ce dilemme qu’il a “attaqué la rue... je me suis dit: je serai libre de tout circuit marchand! Dans la rue on peut faire de l’art pour les gens de notre époque, pour les passants comme pour les clochards... Les marchands peuvent gratter les palissades ou les murs, ils n’obtiendront jamais que des écailles de peinture... La rue, ça ne peut pas être récupéré... La vraie peinture, c’est le mur qui est derrière”! Juste en face de la merveilleuse petite maison qu’il a pu acheter à l’époque heureuse de la ruée sur l’Art, sur les hauteurs de Ménilmontant, à proximité des barres d’HLM hideuses qui défigurent le quartier, Mesnager a depuis peu une boutique, où il expose et vend des T-shirts et des montres à l‘image de l’homme en blanc; il vend aussi, beaucoup moins cher qu’à la “belle époque”, ses tableaux. Aujourd’hui, apparemment, Jérome Mesnager vit très bien le conflit entre le marché et l’Art: “La Rue, c’est le parent pauvre; mes tableaux nourrissent la rue”. Et il n’oublie pas la rue; il faut le voir marcher d’un pas rapide dans les rues de son quartier, suivi de ses deux enfants, un pinceau et un pot de peinture à la main, jalonnant son parcours de signes de piste -- des hommes en blanc peints en quelques secondes. Jérome Mesnager ne cesse pas de laisser la marque de son passage sur les fenêtres et les murs des immeubles condamnés de Belleville et de Ménilmontant:”C’est mon travail de peintre: il ne faut pas attendre que j’aille saboter les pelles Poclain qui détruisent ces immeubles; ce serait stupide. Mon travail, c’est d’agir sur la sensibilité: je sais très bien que ces immeubles, on ne pourra pas les sauver; on ne peut rien faire contre la spéculation immobilière, le monde qui nous entoure est très fort. Le plus bel hommage qu’on puisse rendre à ces vieilles pierres, à ces vieilles planches, c’est de leur donner le statut d’oeuvre d’art. Mon boulot, c’est de faire de la poésie avec ce qui va disparaître... c’est un art éphémère... je ne suis qu’un artiste”! (inédit)
postmaster@chris-kutschera.com Droits de Reproduction strictement réservés © Chris Kutschera 2002 |
Gréve de la faim en Turquie
Tazié, Iran Kurdistan Irak
Ahmet Altan |