CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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FRANCE: Montlivault, le coût de l'égout...

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Vue aérienne du village de MontlivaultAvec ses 650 habitants, son église, son école, ses deux bistrots et son château, Montlivault est l’une de ces communes de moins de mille habitants qui hésitent entre la fidélité à leur passé rural et les séductions du “progrès”.

Plus d’une dizaine de cultivateurs travaillent encore leurs champs d’asperges, leurs plants de tabac et leurs vignes avec leurs chevaux:  Montlivault est l’une des dernières communes dotée d’un maréchal-ferrant.

Les vieilles paysannes racontent comment leurs mères filaient le chanvre l’hiver dans une cave pour se tenir chaud... et l’époque où elles allaient chercher bourrées et charbonnette pour leurs fours à pain dans la forêt de Chambord, à moins de 6 kilomètres.

Presque toutes les maisons du village de Montlivault sont bâties sur le même schéma. Autour d’une cour carrée, des bâtiments agricoles: hangar à tabac, écurie ou étable, l’habitation proprement dite se trouvant à 10 ou 20 mètres de la rue. La plupart des maisons ont un petit jardin potager ou un verger.

Les habitants les plus “modernes” ont installé un puisard ou une fosse septique, mais certains paysans ont encore pour tout “sanitaire” une petite cabane installée à côté du tas de fumier et de la fosse à purin. Bref, si l’habitat rural, associé à une petite économie, en cycle fermé, existe encore quelque part, c’est bien à Montlivault.

Mais Blois n’est qu’à onze kilomètres de Montlivault, avec une population de 60.000 habitants, en expansion. Et la tentation est grande pour les cultivateurs de Montlivault de vendre une parcelle de terre -- 20 à 30 Francs le mètre carré -- aux candidats à la construction d’un pavillon.

Yvette Guilbert dans son jardinDepuis quelques années, plus de quarante pavillons ont été construits à l’entrée du village, sur la route de Saint Claude de Diray ou sur celle de Chambord. Mais jusqu’à maintenant, le caractère du village n’a pas été bouleversé: avec 595 habitants en 1954, 616 en 1962, 650 en 1975, et 180 de plus l’été, Montlivault connaît une expansion démographique normale, et ne peut pas passer pour une commune “dortoir”.

Aux dernières élections municipales, le maire sortant, Marcel Lambert, a été réélu à la tête d’une liste unique, “apolitique”. Âgé de 55 ans, il sait que c’est son dernier mandat. Et il nourrit un grand dessein: laisser le souvenir d’un “grand maire”, d’un maire qui a transformé le visage de sa commune.

Il a donc fait approuver par le conseil municipal, en octobre dernier, la pose d’un réseau de tout-à-l’égout. Investissements prévus: 3.600.000 F. Il s’agit d’un projet grandiose qui, par un curieux effet du hasard, est lié à une opération immobilière: la première tranche du “réseau d’assainissement” comporte en effet une station d’épuration (480.000 F) et une canalisation (125.000 F) devant relier cette station à un lotissement.

Depuis plusieurs années, le propriétaire d’un terrain de deux hectares situé en plein coeur du village cherche à le vendre à un promoteur. Mais pour un lotissement aussi important -- il comprendrait 46 pavillons -- s’étendant juste au pied du château d’eau, le maire ne peut accorder le permis de construire que s’il est doté d’un tout-à-l’égout.

Mr et Mme Bauchard, gardes-champêtres

Au cours d’une réunion avec le conseil municipal -- dont le registre des délibérations municipales ne conserve aucune trace -- les promoteurs (Groupe maison familiale) ont proposé de prendre en charge non seulement le réseau d’assainissement du lotissement, ce qui est obligatoire, mais son raccordement à une vieille conduite aboutissant à la grand’rue, finançant ainsi la première tranche avec une subvention de 200 à 300.000 F. C’est du moins ce qui ressort des explications données par l’ingénieur local de l’équipement.

Le maire, lui, est beaucoup plus discret. D’ailleurs, il n’aime guère la discussion. Mais il a quand même accepté de recevoir quelques habitants de la commune qui s’interrogent sur la sagesse de ce projet, décidé par le cercle très fermé des treize conseillers municipaux....

Pourquoi le tout-à-l’égout?

“Pour que la commune ne meure pas!”, réplique le maire de Montlivault, qui ajoute: Regardez ces communes de Sologne qui se vident de leurs habitants... Le lotissement apportera une centaine d’habitants à la commune. Et sans assainissement, la commune ne peut pas s’agrandir”. Et Mr Lambert de dresser un sombre tableau des “fosses septiques qui ne marchent pas, qui se bouchent, qu’il faut curer”, et de son village, où “les éviers débouchent directement dans les caniveaux”... sans oublier d’évoquer les “mauvaises odeurs”.

(Le Sauvage, Octobre 1977, Extraits)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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