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Yilmaz Guney Disparus du Chil
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Naksivan, comme on écrivait son nom au XVIIe° siècle, est la plus ancienne ville du monde: c’est en effet ici que vint habiter Noé, après être descendu du sommet de l’Ararat où s’était posée son arche. Ce fut, dans un lointain passé, ne des splendeurs du monde, dont le voyageur Evliya Chelebi admira encore au milieu du XVIIe° siècle les nombreux édifices somptueux construits au Haut Moyen-Age par Ajemi Nakhitchevani. De tout cela, il ne reste rien: une ville moderne à l’urbanisme stalinien glacial a remplacé la ville antique. Capitale de la République autonome du Nakhitchevan (superficie 5.500 km2, 300.000 habitants) rattachée à l’Azerbaidjan en 1920 par les dirigeants soviétiques malgré les protestations de l’Arménie, elle partage aujourd’hui sa misère. Enclave-miroir du Haut-Karabakh, le Nakhitchevan est coupé du reste de l’Azerbaidjan depuis que les Arméniens ont occupé en 1993 la région de Zengilan.
Avec l’aéroport de la capitale, et le poste frontière de Djoulfa, à la frontière iranienne, par lequel transitent tous les hydrocarbures consommés dans la petite république autonome, c’est le véritable poumon du Nakhitchevan: c’est sur cette route que sont transportés, dans d’incroyables guimbardes dont les tôles rouillées menacent de s’effondrer, ciment et poutrelles métalliques, pommes de terre et oignons, plaques électriques de cuisson et pastèques, bref tout ce qui permet à une population naufragée de ne pas sombrer.
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