Alger Pinochet et Videla Hollande Hafez al Assad |
Il ne sagit plus de rumeurs, provenant de "sources bien informées" ou de "groupes de travail": cest très officiellement, au cours de sa déposition devant la commission des affaires étrangères du Sénat le 11 février, que Marc Grossman a dit, en précisant quune décision dénitive navait pas encore été prise, que ladministration envisageait un "futur irakien" en trois étapes: Trois étapes - Une phase de "stabilisation", pendant laquelle ladministration militaire de la coalition se concentrera sur les problèmes de sécurité, de stabilité et dordre. - Une phase de "transition", où lautorité sera "progressivement" remise aux autorités irakiennes. - Une phase de "transformation", après la préparation par les Irakiens dune nouvelle constitution démocratique et lorganisation délections libres et justes, "seule façon de mettre en place un gouvernement irakien vraiment légitime". Cest donc seulement pendant la troisième phase que les Irakiens reprendront enfin le contrôle de leurs affaires. Encore plus explicite, Douglas Feith a réaffirmé le "double engagement" américain, celui de rester et celui de partir, "car lIrak appartient au peuple irakien, car lIrak nappartient pas et nappartiendra pas aux USA, ni à la coalition, ni à personne". Mais après cette déclaration de principe, il a ajouté que "les USA resteront longtemps en Irak", le temps de remplir cinq objectifs: la libération des irakiens; lélimination des armes de destruction massive; lélimination de linfrastructure terroriste; le maintien de lintégrité territoriale, et le début de la reconstruction politique et économique.
Et le sous secrétaire à la défense a indiqué que "la responsabilité immédiate de lIrak de laprès guerre retombera sur le général Tom Franks, le commandant du "Central Command" et commandant de la coalition". Détaillant devant les sénateurs de la commission des affaire étrangère la façon dont lIrak sera administré par le général Tom Franks, Douglas Feith a rappelé la création par le président Bush, le 20 janvier dernier, dun "Bureau de Reconstruction et Assistance Humanitaire" (BRAH). Composé de quatre directions supervisées par des civils -- aide humanitaire, reconstruction, administration civile, communication et logistique -- ce bureau sera dirigé par Jay Garner, un général à la retraite qui avait joué un rôle important en 1991 pendant lorganisation des secours aux populations kurdes du nord de lIrak. En liaision avec toutes les agences du gouvernement américain et avec les agences des Nations Unies, avec les ONG américaines et internationales, et avec les représentants des divers gouvernements de la coalition jouant un rôle dans la reconstruction de lIrak -- et avec lenvoyé spécial du président Bush auprès de lopposition irakienne -- ce bureau sera chargé délaborer des plans daction pour le général Tom Franks et ses adjoints. Le pétrole appartient au peuple irakien tout entier En ce qui concerne le pétrole, Douglas Feith a déclaré que les Etats-Unis étaient résolus à faire redémarrer la production aussi vite que possible, et que, "les Etats-Unis étant déterminés à préserver lintégrité territoriale de lIrak, les ressources pétrolières doivent rester sous contrôle national irakien, les revenus du pétrole devant être mis à la disposition de toutes les parties du pays, aucun groupe ethnique ou religieux ne devant être autorisé à revendiquer des droits exclusifs sur une partie de ces ressources ou de leur infrastructure" -- message qui sadresse aux Kurdes et aux Chiites. En conclusion, a déclaré le sous secrétaire détat, "Tout le pétrole irakien appartient au peuple irakien tout entier". En ce qui concerne la transition politique, Douglas Feith a répété que les décisions finales navaient pas encore été prises, mais que lon pouvait envisager dassocier les Irakiens en créant les institutions suivantes: - un "conseil consultatif irakien", pour conseiller les autorités américaines et de la coalition. - un "conseil judiciaire", pour conseiller les autorités américaines sur les révisions du code pénal. - une "commission constitutionnelle" chargée de rédiger un projet de constitution. Et le sous secrétaire à la défense a fait une révélation explosive: les Américains envisageaient de laisser en place les "principales institutions gouvernementales irakiennes", qui seraient chargées dexpédier les affaires courantes, après avoir purgé les échelons supérieurs des éléments impliqués dans les crimes du régime actuel. Il est également envisagé dorganiser des élections municipales et au niveau du district pour impliquer les Irakiens à léchelon local. Marc Grossman a ajouté que les "Irakiens de lextérieur ne contrôleront pas des décisions qui, en dernière analyse, doivent être prises par tous les Irakiens: la diaspora irakienne constitue une ressource importante, mais elle ne peut pas se substituer à ce que tous les Irakiens devront faire ensemble pour oeuvrer vers la démocratie dans leur pays. .. Et tout en écoutant ce que les Irakiens nous disent, en dernière analyse, le gouvernement américain prendra ses décisions en fonction des intérêts nationaux des Etats-Unis". Informés de ces orientations de la politique américaine par Zalmay Khalil Zaad, le représentant du président Bush auprès des "Irakiens Libres", au cours dentretiens à Ankara, les dirigeants de lopposition irakienne ne cachaient pas leur consternation -- une consternation aggravée, chez les dirigeants kurdes, par la décision de laisser dimportantes troupes turques pénétrer au Kurdistan irakien. Le sens de toutes ces décisions nest que trop clair -- cest un gouverneur militaire américain qui gouvernera lIrak de laprès Saddam Hussain, avec le concours de la minorité sunnite, au détriment des chiites et des kurdes... (RFI, Site internet, 18 Février 2003)
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