Syrie Hassan Turabi
Marais, Irak Abou Dhabi
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Certes depuis 1996 les Kurdes avaient géré des budgets relativement importants, dans le cadre de lapplication de la résolution 986 "Pétrole contre Nourriture" -- mais ils les avaient gérés sous la double supervision des Nations Unies et de Bagdad. "Désormais nous allons pouvoir réaliser nos propres plans, sans entraves administratives... Rien que pour le gouvernorat de Dohok nous allons pouvoir embaucher 3.000 personnes pour les départements des municipalités et de lagriculture", annonce Nechirvan Ahmed, le gouverneur (PDK) de Dohok, qui a lintention den profiter pour réduire le chômage chez les jeunes en recrutant de jeunes diplômes. "Nous avons obtenu 600 millions de dollars pour les gouvernements dErbil et de Souleimania (dont la population atteint environ 3,7 millions de personnes) pour les six derniers mois de lannée", révèle Sami AbderRahman, vice-premier ministre du gouvernement (PDK) dErbil. "Cette somme va nous permettre de régler les salaires et les coûts de fonctionnement, et de financer les investissements".
Ce pactole va permettre de reconstruire des infrastructures ruinées par des décennies de négligence. Mais il va aussi saper les bases sur lesquelles repose le pouvoir des partis kurdes qui contrôlent la région kurde semie-indépendante du nord de lIrak. "Nous avons perdu notre principale source de revenus propres depuis que les Américains ont supprimé les droits de douane sur les importations en Irak", reconnaît Sami Abder Rahman, vice-premier ministre du gouvernement dErbil et membre du bureau politique du PDK de Massoud Barzani.
Pendant plusieurs mois le gouvernement dErbil, victime dune grave crise financière, avait été dans lincapacité de payer ses fonctionnaires et ses pechmergas (maquisards). Il a dû demander laide financière des Américains, qui ont été trop contents de le tirer daffaire -- et de pouvoir faire pression sur lui: Les fonds du CPA peuvent être utilisés pour payer les salaires des fonctionnaires des gouvernements kurdes -- mais pas pour payer les salaires des membres et des cadres des partis. "Aujourdhui, le gouvernement et le parti, à Erbil comme à Souleimania, cest la même chose", souligne un dirigeant du PDK particulièrement lucide, "mais à lavenir, quand il y aura des élections, les partis actuellement dominants risquent de perdre. Que deviendra un parti qui na plus de ressources?" Les partis kurdes se sont en effet acquis une importante clientèle en recrutant des membres attirés par le versement dune allocation mensuelle, ou par la possibilité dobtenir un emploi dans ladministration locale, ou encore par lincorporation dans une force de pechmergas pléthorique. Réalisant quils doivent désormais leur salaire aux Américains, et pas à tel ou tel parti, de nombreux Kurdes risquent de voter pour le parti qui a véritablement leur sympathie, et plus pour celui qui assurait leur gagne-pain.. Les prochaine élections au Kurdistan risquent de réserver des surprises -- on sinterroge beaucoup sur le score éventuel des islamistes et sur le taux des abstentions. "Si nous voulons gagner les élections de demain, il faut amener des investisseurs, créer des emplois, agir dans le domaine économique et social" -- bref, avoir un programme, se comporter comme un véritable parti, pas comme une milice -- ajoute ce dirigeant du PDK qui conclut: "Les mouvements de libération qui arrivent au pouvoir ont parfois tendance à se comporter en dictateurs pour garder ce pouvoir... La présence des Américains est peut-être notre chance: cela nous évitera de tomber sous une dictature kurde". Le sujet est tabou au Kurdistan, mais la question obsède de nombreux Kurdes: les Américains ont-ils lintention de dissoudre le pouvoir kurde dans largent?
(Site Internet de RFI, 29 Novembre 2003)
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Shibam, Yemen Felicia Langer
Koweit Dubai
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