Biafra
Derviche Kurde
Isayas Afewerki
Hasankeyf
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Ils sont des milliers à avoir fait comme Philippe, certains sarrêtant au Kurdistan irakien, la plupart prenant le chemin de lEurope ou lAmérique, via la Syrie. Et lon peut se demander si la communauté chrétienne dIrak nest pas condamnée à disparaître, comme la communauté juive, dont il ne reste pratiquement plus un seul membre en Irak. Et pourtant, aujourdhui, il y a encore en Irak quelque 650.000 chrétiens, dont 250.000 à 300.000 vivent à Bagdad, 50.000 à Mossoul, et 30.000 au Kurdistan. Une véritable hémorragie Mais depuis la chute du régime de Saddam Hussain et la montée en puissance des mouvements islamistes, cette communauté est victime dune véritable hémorragie. Cela a commencé à Basra, où les chrétiens sétaient installés relativement récemment, pour ouvrir divers commerces et en particulier des magasins vendant de lalcool. On comptait quelque 500 familles au début des années 1970. Victimes dattentats, ils ont tous fui, presque immédiatement après la chute de Saddam Hussain.
Mais les incidents graves qui se sont multipliés depuis six mois ont bouleversé les chrétiens qui ne se croyaient pas menacés par les islamistes à Bagdad ou à Mossoul. En septembre dernier, la maison du père Saba, un prêtre chaldéen de Mossoul, a été mitraillée par des inconnus. Sa faute ? Avoir condamné dans son oraison funèbre les terroristes qui avaient tué deux de ses paroissiens. Le père Saba sest réfugié à Zakho, au Kurdistan irakien. Le 8 janvier, le père Charbel, et un novice ont été enlevés à Bagdad, et relâchés au bout de 24 heures. L'enlèvement de Mgr Casmoussa Mais cest lenlèvement de lévèque syrien catholique de Mossoul, Mgr Casmoussa, le 17 janvier, qui a semé un vent de panique dans la communauté chrétienne dIrak. Kidnappé dans sa voiture en pleine ville de Mossoul, Mgr Casmoussa avait été jeté, les yeux bandés et pieds et mains liés, dans le coffre dune voiture, et emmené dans un repaire des islamistes qui lont interrogé sur ses activités, et en particulier sur les relations quils laccusaient davoir avec les Américains. A la fin de cet interrogatoire, un de ses ravisseurs a pris un poignard, et le plaçant sous la gorge de lévèque, lui a demandé quelles étaient ses dernières volontés. Mgr Casmoussa, a répondu avec le plus grand sang froid : "Que mon sang contribue à rétablir la paix en Irak, et à rapprocher les Irakiens. Je nai rien à me reprocher, je nai pas trahi mon peuple, je nai pas de relations avec les Américains".
Malgré sa fin heureuse, lodyssée de lévèque de Mossoul a été "un véritable choc" pour les chrétiens irakiens, et en particulier pour les chrétiens du Kurdistan. Et Diler, consultant pour une ONG dAin Kaoua, résume lopinion générale en disant : "Avant, les attentats visaient indiscriminément tout le monde -- on avait une crise générale. Mais quand ils enlèvent un évèque, le message est clair : cest nous, les chrétiens, qui sommes visés". Philippe, son oncle, fait partie de cette minorité de chrétiens de Bagdad et de Mossoul qui ont décidé de rester en Irak, et de sinstaller au Kurdistan, dont beaucoup sont originaires, et où ils ont de la famille qui peut les accueillir, à Dohok, Amadia, Erbil ou Souleimania. Mais la plupart sont convaincus que le Kurdistan irakien connaîtra le sort du reste de lIrak, et "que ce qui arrive aujourdhui à Bagdad arrivera demain au Kurdistan". Et ils émigrent. Tout en le regrettant, Mgr Raban, évèque dAmadia, qui administre aussi le diocèse dErbil depuis le décès de lévèque titulaire début janvier, affirme quon "ne peut rien faire pour arrêter lémigration. On ne peut pas blamer ces gens : ils en ont assez, ils ont des années et des années sans avenir sous Saddam, et maintenant ils sont confrontés au terrorisme. Ils nont pas le choix". "Mais au Kurdistan, conclut Mgr Raban, la situation est totalement différente: A Bagdad et Mossoul, on a affaire à des partisans du Baas, à des voyous, et à des fanatiques musulmans, tout est mélangé. Ici, les mentalités ne sont pas les mêmes, les dirigeants, les chefs kurdes ne sont pas contre les chrétiens, au contraire, ici les Kurdes construisent leur pays, il y a des salaires, il y a un gouvernement, il y a une autorité". (Site Internet de RFI, 1 Février 2005) postmaster@chris-kutschera.com |
Jelal Talabani
Emir Jaber Koweit
Marais d'Irak
Massoud Barzani
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