Biafra
Chasse à courre Pinochet et Videla Hasankeyf
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Cest en grande partie sur la question de Kirkouk quont échoué les négociations de 1974 entre le général Barzani et Saddam Hussain, alors vice président. De multiples formules avaient été proposées par les Kurdes, couplant découpage territorial et partage du pouvoir administratif, mais les négociations échouèrent, Saddam Hussain refusant daccepter un véritable pouvoir kurde à Kirkouk. Et la guerre reprit, aboutissant à lécrasement de la révolte kurde, et donnant le signal dune campagne darabisation sans précédent. Une importance symbolique... On ne soulignera jamais assez limportance de Kirkouk -- symbolique, politique, humaine, économique, stratégique. Symbolique? Dans limaginaire kurde, Kirkouk revêt à peu près la même importance que Jerusalem pour les Palestiniens. Après des décennies de luttes et de souffrances, on conçoit mal quun dirigeant kurde puisse déclarer à son peuple que Kirkouk nest pas kurde. Ce serait suicidaire.
La dimension économique Cest évidemment la dimension économique de Kirkouk qui retient le plus lattention. Soixante ans après le début de lexploitation de son pétrole (1934) le gisement de Kirkouk contient encore des réserves de plus de 10 milliards de barils de pétrole, et il produit actuellement environ 900.000 barils/jour, près de la moitié des exportations irakiennes. En fait, après les nombreux attentats contre les installations pétrolières et les pipe-lines dans la région de Kirkouk, ces chiffres doivent probablement être revus à la baisse.
Cela explique que certains partis de lopposition irakienne arabe, et en particulier les Chiites, envisagent avec un certain flegme la rédaction dune constitution créant un Etat fédéral -- sachant que lEtat arabe, ou chiite, serait plus riche et plus puissant que le Kurde. Mais le statut de Kirkouk a aussi des implications géostratégiques. La Turquie, en particulier, acceptera-t-elle que les Kurdes "mettent la main sur Kirkouk" et que cette ville devienne la capitale dun Kurdistan faisant partie dun Etat fédéral irakien? Depuis la création dun "sanctuaire" pour les Kurdes par les Alliés de la première guerre du Golfe (1991), et surtout depuis la mise en place dinstitutions kurdes -- Parlement, gouvernement, écoles -- en 1992, la Turquie, hantée par les répercussions que cela peut avoir sur ses propres Kurdes, a tout fait pour faire avorter lentité kurde en train de se développer à sa frontière méridionale, notamment en exacerbant les rivalités inter-kurdes, et en jouant la carte turkmène.. Après avoir déclaré, avant lintervention des forces américaines en Irak, que lentrée des Kurdes dans la ville de Kirkouk constituait une "ligne rouge" infranchissable et quelle justifierait lintervention des troupes turques en Irak, la Turquie a dû accepter lentrée des Kurdes dans la ville de Kirkouk, qui sest couverte de drapeaux kurdes, et où le PDK et lUPK ont ouvert dimportants bureaux. Et surtout, elle a dû se résigner à la mise en place par les Américains dun Conseil de 30 membres, dans lequel les Kurdes sont très représentés, puisquils y comptent 6 membres "kurdes", et 5 "indépendants" sur 6. Et Abder Rahman Mustafa Zangana, le gouverneur élu par ce Conseil, est un Kurde. Depuis le refus du Parlement turc, le 1er mars dernier, dautoriser les troupes américaines à ouvrir un front nord à partir du territoire turc, les Américains ont considérablement valorisé la "carte kurde" qui leur a permis de prendre le contrôle de tout le nord de lIrak sans perdre un seul homme. Et la marge de manoeuvre de la Turquie sest considérablement réduite. On imagine mal en effet les Américains laisser des troupes turques pénétrer au Kurdistan irakien, en sachant que cela déclencherait immédiatement un affrontement généralisé avec la population kurde dans la seule région de lIrak ou règne un calme total. La ville de Kirkouk a enfin une dernière dimension, purement humaine: des dizaines de milliers de Kurdes -- on parle de 50.000 -- sont déjà revenus dans une ville dont ils ont été chassés par les campagnes darabisation du Baas, et où ils ont été remplacés par des dizaines de milliers dArabes, souvent des Chiites transplantés du sud. Ces Kurdes, qui campent dans des conditions très précaires, ont de plus en plus de mal à attendre quon leur restitue leurs maisons et leurs terres, et menacent de se faire justice. Des règlements de comptes entre Kurdes et Arabes risqueraient fort denflammer une ville où tout concourt à créer une situation explosive. Conscients du risque dêtre dépassés par leurs troupes, les cinq dirigeants kurdes membres du Conseil de Gouvernement Intérimaire ont déposé un projet de loi proposant la création dun Etat fédéral irakien avec une région kurde...comprenant Kirkouk et les autres régions "arabisées" du Kurdistan. (Site Internet de RFI, 23 Décembre 2.003)
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Felicia Langer Nomades Kurdes Roi Fayçal Ouzbekistan
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