Abdoulla Ocalan, Rome 1999 Roi Fayçal
Mzab, Algérie
Général Barzani |
Faut-il pour autant porter un voile ou une tunique dun noir ou dun gris dune tristesse désolante? Rien, dans le Coran ou ailleurs, ne le prescrit. Pourquoi pas donner aux vêtements des femmes musulmanes les couleurs des dernières tendances de la mode? Pourquoi pas concevoir des foulards, des écharpes, des tuniques, des tenues de soirée, qui respectent les canons de la vertu islamique, tout en donnant à celles qui les portent le plaisir dune certaine élégance? Le Pari de Mustafa Karaduman
En 1978, il ouvre son premier atelier de confection. Et en 1982 son premier magasin. Pendant une dizaine dannées il fonctionne avec un certain "amateurisme", reconnaît-il aujourdhui. A partir de 1992 il se professionnalise, recrutant des stylistes, élaborant une véritable mode, avec le désir de remplir une certaine "mission islamique". Mais aussi avec la volonté de mettre sur pied une affaire denvergure internationale.
Il faut voir la foule des femmes qui se pressent dans ces magasins pour essayer le dernier foulard ou une tunique, accueillies par de jeunes vendeuses très accortes, portant toutes un des derniers foulards multicolores sortis des ateliers de Mustafa Karaduman. "Il ny a pas de règle concernant la couleur", dit lhomme daffaires en faisant visiter son principal magasin à Fatih, "cest le choix des gens qui veulent vivre leur religion de la meilleure façon possible... Mais sous la tunique, on peut porter nimporte quelle couleur... Et nous sommes en chasse pour les dernières couleurs du monde de la mode, nous navons jamais mis de limites aux couleurs de nos modèles -- ce sont les stylistes qui décident la mode de la saison prochaine"... Le succès de Mustafa Karaduman tient à son utilisation hardie des couleurs, et aussi à une politique commerciale très agressive: les prix de ses modèles défient toute concurrence: 10 Millions de Livres Turques (6,5 Euros) pour une chemise, 50 millions (32 Euros) pour une veste, 225 millions (140 Euros) pour une tenue de soirée... Le succès est total: ses boutiques sont toujours bondées, et selon Mustafa Karaduman, environ le tiers de sa clientèle est composé de femmes non voilées qui viennent chercher chez lui des modèles quon ne trouve que dans des boutiques très chères comme Ipek Yol. Elles y trouvent également un modèle décharpe signé Tekbir, qui se vendent de 18 à 28 millions de Livres Turques (12 à 20 Euros) en satin , et de 60 à 80 millions (40 à 55 Euros) en soie: il en vend 4.000 modèles par mois en Turquie. Tekbir distribue également ses produits en Europe, en particulier en Allemagne, où vit une importante communauté immigrée turque. Mustafa Karaduman a des plans très ambitieux pour lavenir, envisageant de construire une nouvelle usine et de construire un centre commercial où il vendrait également des meubles. Mais la situation économique en Turquie loblige à faire preuve dune certaine prudence et à remettre ces plans à plus tard... (Inédit, 2003)
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