Colombie Dubai PKK, Zalé Jerusalem |
Un immense champ de tombes
Une décoration d'une richesse inouïe La richesse du sanctuaire défie la description: portes d’or et d’argent merveilleusement travaillés par des orfèvres persans, marbres, lampes de cristal dont les milliers de miroirs à facettes réfléchissent à l’infini la lumière, torsades en mashreb du sarcophage: l’œil est ébloui.
Après la procession à l’intérieur de la mosquée, le cercueil est à nouveau hissé sur le toit du taxi. Le cimetière est proche, certes, mais il est si vaste qu’il faut parfois faire plusieurs kilomètres pour atteindre la tombe où doit être enseveli le défunt. Sur un monticule qui domine les tombes, une femme, drapée de noir, médite. Plus loin, une famille enterre son mort au milieu de petits tumuli. Il y en a des milliers, tous orientés vers La Mecque, vers le soleil couchant qui éclaire les inscriptions, les photos ou les fleurs peintes par un artiste naïf sur les pierres tombales de tous ces fidèles qui attendent dans le désert le jour du jugement dernier. Koufa, où fut ssassiné Ali À quelques kilomètres seulement de Najef, Koufa, la ville où fut assassiné Ali en 661, attire peu de monde de nos jours, elle est totalement ignorée des touristes. Et pourtant, de toutes les mosquées d’Irak, Koufa est la plus émouvante: en franchissant son porche, on ne peut s’empêcher d’avoir l’impression de faire un bond en arrière de plusieurs siècles, d’être transplanté aux premiers jours de l’Islam, lorsque la vie avait une simplicité encore “biblique”. Loin des foules, quelques saints hommes prient
sur des nattes de roseaux, à même le
sol de terre battue, au milieu d’une immense
cour rectangulaire entourée de hauts murs
-- colonnades et voûtes ont depuis longtemps
disparu -- tandis qu’une femme voilée
de noir traverse lentement la cour avant de disparaître
par une petite porte donnant sur la palmeraie. Un modeste sanctuaire s’élève encore contre l’un des murs, là où fut mortellement frappé le gendre de Mahomet. À quelques mètres, on montre une pierre portant l’empreinte de sa main... C’est tout. Il ne reste rien de plus: or, argent, bois sculptés n’ont pas résisté au temps et à l’histoire. Autrefois, se dressait ici une mosquée aussi belle que celles de Najef, Karbala, Kazimain, Samarra... Mais l’étonnant silence qui règne dans cette enceinte, son dépouillement, la pureté de ses lignes, et celle de la lumière au soleil couchant, la foi de ceux qui s’obstinent à venir prier en ses murs font que Koufa demeure, malgré tout, l’un des plus beaux monuments élevés à la gloire de l’Islam... (Total Information, Extraits, N° 73, Printemps 1978)
postmaster@chris-kutschera.com Droits de Reproduction strictement réservés © Chris Kutschera 2002 |
Kurdes en France
Tazié, Iran Paris
Derviches Kurdes |