Hasankeyf
Gilles Perrault
Bani Sadr
Das Island, UEA |
Pour certains “fakis” chiites, le détenteur du pouvoir ne peut pas être destitué, même s’il comment des erreurs et des injustices; la seule solution, pour ses sujets, est de faire preuve de “patience”. Seuls les moyens pacifiques sont admis pour faire changer d’avis celui qui gouverne le pays, ou pour le changer. De toute façon, “il ne faut pas que la révolte attire des ennuis” à celui qui se révolte ou à l”oumma” (communauté des croyants). On peut ranger parmi ces “fakis”
le marji (titre religieux signifiant D’autres “fakis”, en revanche, lient la possibilité de se rebeller contre le pouvoir à la nature de ce pouvoir: si le régime est athée, ou s’il fait preuve de “déviations”, non seulement la révolte est licite, mais elle devient un devoir, et les citoyens doivent sacrifier leur vie et leurs biens pour renverser le tyran: “il faut offrir tous les sacrifices nécessaires pour sauvegarder le fondement et l’essence de la religion, au même titre que l’obligation de djihad était rendue nécessaire dans beaucoup de contrées et beaucoup d’époques pour protéger le régime de l’islam et l’entité de la religion” (extrait de Mohsen al Hakim, La Voie des pieux, cité par Mohammed al Hakimi, Polémiques sur l’autorité politique en islam, thèse présentée à l’université de Paris 1, 1983).
Peu après sa fondation, le parti Daoua avait élaboré une stratégie en quatre phases. La première est une phase de préparation et d'organisation des musulmans, par la publication et la diffusion de livres et de brochures, par l'organisation de conférences et de séminaires: il s'agissait de redonner au peuple irakien sa véritable personnalité islamique. Comme l'expliquait cheikh Mohammed Madi al Assefi, porte-parole officiel de Daoua, "nous ne pouvions agir sur le plan politique proprement dit, parce que l'oumma n'était pas prête. Il fallait d'abord inculquer les idées islamiques, transformer les gens en vrais musulmans, pour disposer d'une vraie base d'action: en Iran, le mouvement islamique a réussi après avoir construit ses fondations, ses bases, dans la rue". C'est seulement après cette préparation de longue haleine que les dirigeants de Daoua pouvaient envisager la seconde phase -- la lutte politique proprement dite, la confrontation avec le régime, -- qui se déroule actuellement et dont on peut faire remonter le début au 1er mai 1979, lorsque l'ayatolla Mohammed Baker al Sader lance un ordre de grève générale. L'objectif de cette lutte, c'est la prise du pouvoir, et la mise en place d'un gouvernement islamique en Irak (troisième phase) qui devrait servir de base à la libération de toute l'oumma islamique (quatrième phase).... (Le Monde Diplomatique, Avril 1984, extraits)
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A.R.Ghassemlou
Tazié, Iran Paris
Khomeini |