les marais d'Irak
Iles d'Aran
Yachar Kemal
Oman
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Au programme, la prestation de serment des nouveaux députés. Le parlement devait ensuite élire son président, Adnan Mufti, membre du bureau politique de lUnion Patriotique du Kurdistan (UPK), ainsi que son vice-président, Kemal Kirkouki, membre du bureau politique du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK), et charger Nechirvan Barzani, neveu de Massoud Barzani, de former le nouveau gouvernement, réunifiant les deux administrations kurdes gérées par le PDK et lUPK. Le parlement devait aussi approuver la loi sur les pouvoirs du président de la région kurde. Tout était convenu dans le cadre dun accord conclu en décembre 2004 entre les dirigeants du PDK de Massoud Barzani et de lUPK de Jelal Talabani, accord qui scellait la réconciliation entre les deux partis, et permettait à Jelal Talabani dêtre le candidat unique des Kurdes à la présidence de la République dIrak.
De nouvelles revendications Que sétait-il passé? Apparemment, selon les responsables du PDK, les dirigeants de lUPK sont revenus sur laccord conclu... un accord résumé en un texte de quelques lignes ... qui concerne en particulier la durée du mandat du président de la région kurde, poste qui doit échoir à Massoud Barzani. Selon le PDK, il était convenu quil serait élu par la population kurde, pour un mandat de 4 ans, renouvelable deux fois. LUPK demanderait maintenant que le président de la région kurde soit élu par le parlement, et dabord pour une période transitoire de 8 mois -comme cest le cas pour la présidence et le gouvernement de Bagdad. Par ailleurs, lUPK refuserait dunifier immédiatement 4 ministères "sensibles" (finances, intérieur, pechmergas et justice). Et enfin lUPK demanderait la création dun poste de vice-président de la région kurde, quelle choisirait. "L'accord conclu entre nous et lUPK forme un tout", a déclaré un membre du bureau politique du PDK aux invités quelque peu surpris par le cours des évènements, "Jelal Talabani a été élu président de la République dIrak, et Massoud Barzani doit être élu président de la région kurde. Et la stabilité de la situation au Kurdistan nous permet délire le président pour 4 ans. Pourquoi est-ce que nous nous alignerions sur le calendrier politique de Bagdad, pourquoi est-ce que nous devrions élire notre président pour un mandat de quelques mois?" Saadi Pira, représentant de lUPK à Erbil, affirme que lUPK a été mise devant le fait accompli quelques jours avant la réunion du parlement, et que le PDK avait modifié le texte de la loi sur les pouvoirs du président de la région kurde, pour donner des pouvoirs exorbitants au futur président: "Nous ne mettons pas en cause la personnalité de Massoud Barzani, mais nous voulons un système parlementaire, qui donne de vrais pouvoirs au Premier ministre et au président du parlement, pas un système présidentiel", déclare Saadi Pira. Et Saadi Pira de critiquer les pouvoirs du président de la région kurde (version PDK) sur les forces armées kurdes: "Nous ne sommes pas un pays à lintérieur dun autre pays, nous ne devons pas provoquer nos voisins! Et est-ce que les chiites vont accepter cela?"
Plusieurs signes avaient annoncé une détérioration des relations entre les deux partis quoppose une rivalité historique. Lors des élections pour les assemblées provinciales (gouvernorats) du 30 Janvier, pour lesquelles ils avaient présenté des listes distinctes, les deux partis sétaient accusés mutuellement davoir bourré les urnes ou empêché leurs partisans de voter... Mais ce sont surtout les débordements qui ont marqué les manifestations de joie après lannonce officielle de la nomination de Jelal Talabani à la présidence de la République qui ont indiqué que les relations entre les deux partis se tendaient dangereusement: plusieurs dizaines de partisans de lUPK ont été agressés par des partisans du PDK à Erbil et dans la région de Soran contrôlée par le PDK, et un certain nombre dentre eux ont été brièvement emprisonnés avant dêtre relâchés sur lintervention de Massoud Barzani. En fait, cette tension entre le PDK et lUPK est aggravée par une crise interne au sein de lUPK: plusieurs "éléphants" de ce parti, et notamment Nour Shirouane et Kosrat Rassoul, acceptent difficilement laccord conclu entre Massoud Barzani et Jelal Talabani, reprochant à ce dernier davoir "bradé" les intérêts de son parti pour accéder à la présidence de lIrak. Par ailleurs, ces deux partis ont une vision différente de lavenir, lUPK, plus "irakiste", jouant à fond la carte de la construction du "nouvel Irak" avec ses partenaires arabes, alors que le PDK, plus "kurdistanais", envisage plus volontiers la séparation et la solution de lindépendance de facto dans un premier temps, dans un Irak confédéral en proie au chaos. Ecoeurée par lincapacité de ses dirigeants à parvenir à un accord à un moment aussi crucial, la population kurde les juge très sévèrement: "Si cela continue, nos dirigeants finiront comme Saddam, dans une cave. Personne ne lèvera le petit doigt pour prendre leur défense", dit un intellectuel kurde qui ne cache pas son désespoir. (Site Internet de RFI, 8 mai 2005)
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