Abdoulla Ocalan, Rome 1999 A.R.Ghassemlou
Hasankeyf
Nemo
|
Le jeune Hosan a été kidnappé le 26 avril dans un magasin dErbil par des hommes qui lui ont mis une cagoule sur la tête, lont baillonné, et lui ont lié les mains. Il a aussitôt été transporté dans une cache, et son père, appartenant à une riche famille kurde originaire de la région de Rania, dans le sud agricole du Kurdistan, a reçu une demande de rançon dun million de dollars (750.000 Euros), quon lui demandait de transférer à Samarra, au coeur du pays sunnite irakien. Quatre jours après son enlèvement, le jeune Hosan parvenait miraculeusement à échapper à ses ravisseurs. Faisant preuve dun rare sang froid, il a réussi à senfuir, les mains toujours liées, par une petite fenêtre des toilettes de la maison où il était gardé, et quil avait réussi à désceller au cours de ses quatre jours de détention en demandant régulièrement à aller aux toilettes. Parvenu dans la rue, Hosan a arrêté un taxi, qui la conduit chez ses parents. Persuadé que ce jeune garçon qui avait les mains liées sétait échappé de la prison, le chauffeur du taxi a alerté les services de sécurité ! En fait, le jeune Hosan a réussi à retrouver la maison où il était détenu, et la montrée aux policiers qui sont restés incrédules : la maison appartenait à un certain Diler lieutenant de la "Saish", les services de sécurité kurdes ! Ce nest quaprès quelques jours denquête que les policiers ont dû se rendre à lévidence : Hosan avait bien été détenu dans la maison de cet agent des services de sécurité. Arrêté, Diler, passait vite aux aveux, permettant darrêter une soixantaine de personnes, jusque dans le personnel enseignant de luniversité dErbil .
En fait il y avait deux réseaux, un réseau pour kidnapper des gens, et financer Ansar al Islam et Ansar al Sunna, composé dagents infiltrés dans les services de sécurité, qui agissaient par cupidité, sans savoir forcément quils travaillaient pour les islamistes: "Nimporte qui fait nimporte quoi pour de largent", confie, désabusé, un intellectuel kurde. Le véritable chef du réseau était un certain cheikh Zana, un homme daffaires, propriétaire dun supermarché à Erbil, qui avait monté un réseau islamiste parallèle, ultra-secret. "Cest un homme très habile et dangereux", nous a indiqué Nechirvan Barzani, "il était honorablement connu dans la société locale, il buvait de lalcool, il avait la confiance des dirigeants kurdes -- il connaissait Kerim Sinjari, le ministre de lintérieur -- et il a rencontré Zarkaoui au moins une fois. Et pendant toutes ces années il na pas fait de faute !" Le premier jour, cheikh Zana a tenu tête aux enquêteurs, niant tout, mais confronté aux témoignages de ses complices, il a fini par avouer: il savait que les enquêteurs savaient tout.
Les forces spéciales kurdes ont le bras long, mais cest grâce au courage et à lingéniosité insoupçonnés dun gamin de 15 ans que rien ne prédestinait à devenir un héros quelles ont pu démanteler ce dangereux réseau dont les responsables avaient réussi à donner le change aux plus fins limiers kurdes. (Site Internet de RFI, 24 Mai 2005)
postmaster@chris-kutschera.com |
Nomades Kurdes Tazié Hafez al Assad
Saint-Maixent
|
||
|
Droits de Reproduction strictement réservés
© Chris Kutschera 2005
|