Elève sous-officier Saint-Maixent Ibrahim Rugova Général Barzani Paris
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"Saddam Hussain avait planifié la résistance en divisant lIrak en trois zones et en nommant trois civils à la tête des opérations de résistance", affirme Nechirvan Ahmed, gouverneur de Dohok, ville stratégique où il était en charge des relations avec la Turquie et avec... le gouverneur baasiste de Mossoul. Pressentant que les militaires ne lui étaient plus loyaux, Saddam Hussain avait écarté Sultan Hachem, son ministre de la défense, et ses autres généraux les plus compétents de la préparation de la résistance, et il avait donc nommé trois civils à la tête des opérations: Izzat Douri pour la région Nord (où il est toujours actif), son fils Qousei pour la région centre (avec Bagdad) et le sinistre Ali Hassan al Majid à la tête du sud. Selon les informations recueillies par les services de renseignement du PDK de Massoud Barzani, qui affirment avoir toujours été informés au jour le jour des plans de Bagdad grâce à leurs agents au sein du régime, Saddam Hussain avait préparé un plan en deux phases. Pendant la première phase les agents du régime devaient saboter les installations essentielles -- adduction deau, centrales électriques, dépôts de carburants, centres de télécommunications, pipelines -- des grandes villes (Mossoul et les grandes villes kurdes dans le nord du pays) et créer une anarchie telle que les gens désespèrent de la capacité des forces de coalition de fournir les services essentiels.
Mais ce plan échoua. "Parce que les hommes choisis par Saddam Hussain pour lexécuter étaient incompétents", affirme Nechirvan Ahmed. Et aussi parce que le réseau de télécommunications permettant à Qousei de centraliser toutes les liaisons avec Saddam Hussain a été rapidement mis hors détat de fonctionner par les Américains, qui ont très vite réussi à éliminer les deux fils de Saddam Hussain et à arrêter Ali Hassan al Majid. Seul, sur les trois responsables désignés par Saddam Hussain, Izzat Douri échappe encore aux Américains. Mais aujourdhui on peut se demander si Saddam Hussain a vraiment échoué? Léconomie irakienne est paralysée, la production pétrolière balbutiante, et chaque jour larmée américaine est victime dopérations meurtrières de plus en plus audacieuses. "Je ne parlerais pas de résistance organisée, mais dactes de terrorisme, pas généralisés, pas organisés", affirme Nechirvan Ahmed, qui souligne que les Américains ont commis de nombreuses erreurs, notamment en ne contrôlant pas suffisamment les frontières et en ne prenant pas les mesures nécessaires pour protéger les installations pétrolières irakiennes.. Tous les spécialistes kurdes des questions de sécurité font la même analyse: "La "résistance" actuelle est le fait de trois groupes très hétérogènes: les islamistes, les Baasistes, et des criminels de droit commun", affirme Kerim Sinjari, ministre de lintérieur du gouvernement kurde (PDK) dErbil, qui a échappé de justesse à une tentative dattentat à la mi-octobre: les policiers gardant son ministère ont abattu un jeune islamiste conduisant un taxi chargé de 100 kg de TNT juste avant quil ne fasse exploser sa charge...
Les islamistes sont particulièrement dangereux. Plusieurs centaines de militants dAnsar al Islam qui avaient été chassés de leur fief du Kurdistan par une opération combinée des forces spéciales américaines et des pechmergas kurdes de lUPK de Jelal Talabani, ont gagné Bagdad, après sêtre réfugiés pendant un certain temps en Iran. Ce sont eux, et des militants arabes venus de lextérieur, qui commettent les attentats-suicides contre les troupes américaines et les organisations occidentales. Un jeune cadre kurde travaillant dans une organisation des Nations Unies à Mossoul révèle à quel point ces militants fondamentalistes opèrent sur un terrain fertile: les passagers dun taxi collectif évoquant un attentat contre un bureau des Nations Unies, lun deux demande pourquoi il a été visé. Un autre répond: "On a vu des juifs travailler dans ces bureaux". "Comment le savez-vous"? demande le premier passager. "Cest simple, le drapeau israelien flotte sur leurs bureaux", affirme péremptoirement le second -- en parlant du drapeau des Nations Unies! Et des tracts distribués aux portes des mosquées de Mossoul après la prière du vendredi affirment que "des Juifs travaillent dans les bureaux de lIOM", lOrganisation Internationale des Migrations. "Les gens ne font pas la différence entre les Américains et les Nations Unies, explique ce jeune cadre kurde..." Chaque vendredi, les imams des mosquées prononcent des prêches enflammés contre les Américains. A lépoque de Saddam Hussain, ils nosaient pas parler contre Saddam Hussain. Maintenant ils osent le faire contre les Américains. Rien nest impossible". Si les dirigeants kurdes nont pas encore pu prouver lexistence de liens organisationnels entre les opposants baasistes et les islamistes, ces liens existent déjà dans les esprits -- où sévissent un antisémitisme et un antioccidentalisme aveugles entretenus par des décennies de propagande baasiste et islamiste. (Site Internet de RFI, 19 Novembre 2003)
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