les marais d'Irak
Iles d'Aran
Yachar Kemal
Oman
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Avant même dêtre officiellement élu, Jelal Talabani, 71 ans, se voyait déjà dans les habits du Président de la République irakienne -- une belle revanche en effet pour un Kurde qui a passé près de 45 ans de sa vie comme "pechmerga" (maquisard) dans les montagnes du Kurdistan, où sa fortune a connu pas mal de vicissitudes: qui eût dit, en effet, que le chef de guérilléros kurdes affamés et mal armés pourchassés depuis 1961 par larmée irakienne jusquaux confins irano-prakiens pourrait envisager de sasseoir 44 ans plus tard dans le fauteuil de Saddam Hussein ? L'exil à Damas et Beyrouth Né en 1934 à Koy Sanjak, dans une famille de lettrés kurdes, Jelal Talabani a fait des études de droit à Bagdad, et milite très vite dans le Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) et lUnion de la jeunesse irakienne, dont il devient un des dirigeants -- ce qui lui vaut de faire ses premiers voyages en URSS et en Chine à la fin des années 1950. Son engagement saccélère après la révolution (1958) et le retour dexil en URSS du général Barzani. Membre du bureau politique du PDK en 1959, Jelal Talabani fait alors figure de "protégé" du général Barzani et de "jeune loup" radical, partisan de la lutte armée à outrance contre le régime du général Kassem. Mais il rompt, en 1964, avec le général Barzani, et anime avec Ibrahim Ahmed (son beau-père) la révolte des "intellectuels" du PDK contre le général Barzani.
Jelal Talabani revient sur le devant de la scène kurde irakienne après leffondrement du mouvement du général Barzani, à la suite de la signature des accords dAlger entre le Chah dIran et Saddam Hussein (6 mars 1975), et il fonde en 1977 lUnion Patriotique du Kurdistan (UPK), dont il est le secrétaire général. Les deux décennies qui suivent sont marquées par des périodes daffrontements armés, à la fin des années 1970, et de 1994 à 1998, pendant la "guerre du suicide" , alternant avec des périodes de coexistence de 1987 à 1994, et à nouveau depuis 1998. Le tournant de l'intervention américaine Cette rivalité délétère entre Jelal Talabani et les héritiers du général Barzani allait aboutir à la partition de facto du "Kurdistan libre", la région autonome du Kurdistan formée peu après la guerre du Koweit (1991), les premières élections libres au Kurdistan (mai 1992) et la mise en place des institutions kurdes (parlement dErbil, gouvernement kurde).
La fonction, au demeurant largement honorifique, de Président de la République irakienne, permettra à Jelal Talabani de donner libre cours à une vitalité peu commune pour son âge, et dexercer ses talents de diplomate. Personnage extraverti et jovial, volontiers séducteur, cultivé, parlant couramment larabe et langlais, et comprenant le français, Jelal Talabani est le candidat idéal pour ce poste. Premier président kurde de lIrak, il saura trouver les mots quil faut pour rassurer les présidents et rois arabes auxquels il rendra visite, non plus comme chef de guerre kurde quémandeur, mais en tant que chef dEtat. (RFI, site Internet, 6 Avril 2005)
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